Le monde après le Covid

Les effets du Covid ont été ravageurs pour la santé et aussi pour l’économie. Voici un petit aperçu de notre situation. Nous étions fermés du 8 mars au 8 juin. Petit topo de 3 mois « d’inactivités »

Des locaux vides ?

Suite au covid-19, nous avons tourné à vide pendant trois mois. Malgré les 2000€ reçu par le ministère de la culture de Bruxelles, la seule prime pendant cette période grave. Comme vous le savez peut-être, nous disposons de 1500 mètres carrés d’ateliers répartis dans 18 villes. Certaines villes ont des loyers ahurissants. En bref, nous payons généralement environ 15 000€ de loyers mensuels, nous avons heureusement quelques propriétaires qui sont compréhensifs et nous n’avons « que » 30 000€ de perte concernant les loyers.

Une trésorerie partie en fumée

De manière générale nous sommes une structure très sécurisée financièrement grâce aux échelonnements : si nous n’avons pas d’inscrits pendant quelques mois, ces échelonnements sont une manière sûre de garantie des rentrées.

Néanmoins, Nous avons près de 2000 échelonnements impayés à cause de non paiement d’élèves. 2000 pour des montants entre 40 et 150€. La somme est tellement énorme qu’il semble indécent de la citer.

Il semble aussi compliqué d’envoyer des services de recouvrement puisque nous comprenons aussi que la situation est difficile pour tout le monde.

Il y a aussi environ 20% d’annulation pour les cours qui ont déjà commencés. Bien entendu, nous ne nous imaginons pas de demander aux élèves non présents de payer suite à à ce changement : il est normal que quelqu’un qui s’inscrit pour février et à qui on propose de finir son cours en juin demande un peu de flexibilité concernant les horaires.

Nos actions communication

Nous avons insisté de nombreuses fois auprès de tous les ministères afin de proposer notre aide et les réponses fut simplement inexistantes malgré le besoin énorme en terme de masques. En effet, nous avions proposé diverses solutions à un coût tout à fait ridicule et vous savez comme nous que la gestion des masques a été catastrophique. Nous en avons conclu que l’état n’était pas intéressé par des actions citoyennes qu’il ne pouvait pas revendiquer. Leur intérêt étant clairement électorale et non sanitaire.

En outre, nous avons organisé une grande campagne de communication en Wallonie pour pousser les wallons à produire un maximum de masques. Outre le travail fourni en terme de rédaction et d’interaction, nous avons payé plus de 12 000€ de publicité afin de mettre en avant divers tuto. Il est certain que nous ne sommes qu’une goûte d’eau dans l’océan pour créer des initiatives citoyennes mais il suffit de passer la frontière, d’aller à Paris par exemple pour constater que la majorité des masques sont jetables, nous espérons donc que nos efforts n’ont pas été vains. D’après nos statistiques, notre campagne a été vue au moins 4 300 000 de fois.

Nos actions masquées

Nous avons fait le choix de laisser nos 30 professeurs produire des masques de leur côté et les distribuer à ceux qui en avait besoin.

Nous avons considéré que le fait de centraliser les productions et livraisons était intégralement contreproductif.

  • La centralisation a ralentit les livraisons puisque chaque point logistique imposait une attente de plusieurs jours pour désinfecter
  • La centralisation augmente le nombre d’intervenants et donc les risques d’infections
  • Quel intérêt en soi ? Sauf la revendication à fin politique ou narcissique ?

Après avoir discuter avec ceux-ci, nous avons évalué qu’en moyenne chacun de nos professeurs a fabriqué environ 1000 masques. Soit environ 30 000 masques distribués principalement gratuitement pour des hôpitaux.

Cécile en action

Nous avons aussi décidé de brader notre machine Cécile au « prix d’achat ». C’est l’argent de cette vente qui a permis de payer la campagne précédemment citée. En réalité, cette vente était complètement à perte : nous n’avons tenu en compte que l’achat du matériel et la livraison, mais pas le stockage, le design, la communication, les pubs… Et maintenant nous sommes face au monde réel : nous devons remboursé le crédit pour les machines que nous avons presque données. On ne regrette pas car cela a peut-être quand même sauver quelques vies.

Quoi qu’il en soit, à présent nous sommes de retour dans le monde réel et il faut à présent rembourser le crédit pour ces machines que nous n’avons plus et dont les ventes ont servi à cette crise sanitaire.

Pour conclure

Nous devons donc malheureusement augmenter les tarifs de 10% de toutes nos formations pour pouvoir nous remettre à flots, en espérant que ce soit temporaire et que nous pourrons remettre les prix initiaux. Les tarifs restent les même jusqu’à la fin du mois de juillet, dés le 1er août nos tarifs seront adaptés.

Nous espérons que ça suffira à, si pas à compenser nos pertes (cela semble impossible), au moins nous permettre de payer nos frais fixes et nos professeurs de couture.

Par contre, nous avons décidé d’offrir gratuitement à tous nos élèves nos formations en vidéo ! De cette manière notre formation est Coronaproof !

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